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Les 7 signes que votre relation avec votre proche vous épuise

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Les 7 signes

Quand aider devient trop lourd : les 7 signes que votre relation avec votre proche vous épuise

 

Être présent pour un proche malade, âgé, handicapé ou en perte d’autonomie peut être profondément important. On aide parce qu’on aime, parce qu’on se sent responsable, parce qu’on ne veut pas laisser l’autre seul.

Mais il existe un moment où aider commence à prendre toute la place.

Les journées s’organisent autour des besoins de l’autre. Le téléphone reste à portée de main. Le sommeil devient plus léger. Les sorties diminuent. On repousse ses propres besoins à plus tard. Et souvent, l’aidant ne se dit pas :

« Je suis en train de m’épuiser. »

Il pense plutôt :

« Je dois simplement tenir encore un peu. »

C’est précisément ce qui peut rendre l’épuisement difficile à repérer. L’épuisement d’un aidant ne survient pas forcément brutalement. Il peut s’installer progressivement, jusqu’à devenir une nouvelle normalité.

Voici 7 signes qui doivent vous inviter à vous arrêter quelques instants et à regarder ce qui se passe pour vous.

 

1. Vous êtes fatigué même lorsque vous avez dormi

La fatigue est probablement l’un des premiers signaux. Mais chez l’aidant, elle ne correspond pas uniquement au manque de sommeil.

  • Vous pouvez dormir plusieurs heures et vous réveiller avec l’impression de ne pas avoir récupéré.
  • Votre corps semble constamment sollicité.
  • Vous vous levez déjà fatigué.
  • Vous manquez d’énergie pour les activités qui auparavant vous faisaient du bien.
  • Vous avez parfois l’impression de fonctionner « en automatique ».

Cette fatigue peut être liée à l’accumulation de plusieurs charges :

  • les tâches quotidiennes ;
  • les rendez-vous médicaux ;
  • les démarches administratives ;
  • la surveillance du proche ;
  • les inquiétudes concernant son état ;
  • les nuits interrompues ;
  • la gestion des imprévus ;
  • mais aussi la charge émotionnelle.

Aider demande de l’énergie. Être constamment en vigilance en demande encore davantage.

2. Votre cerveau ne semble plus jamais s’arrêter

Vous êtes chez vous, mais votre esprit est encore auprès de votre proche.

« Est-ce qu’il a bien pris son traitement ? »

« Est-ce qu’il va tomber ? »

« Est-ce que je dois appeler ? »

« Et si quelque chose lui arrivait cette nuit ? »

« Qui va s’en occuper si je ne peux pas ? »

Cette surveillance permanente peut progressivement devenir une forme d’hypervigilance. Même lorsque rien ne se passe, votre cerveau continue à rechercher ce qui pourrait arriver. Le téléphone devient presque une extension de votre attention. Vous vérifiez. Vous anticipez. Vous imaginez les scénarios possibles. Et lorsque vous essayez enfin de vous détendre, votre cerveau semble vous rappeler immédiatement que vous avez encore quelque chose à gérer.

Le corps est assis. Mais le système d’alerte, lui, continue de travailler.

3. Vous devenez plus irritable avec votre proche

C’est un signe particulièrement difficile à accepter. Vous aimez cette personne. Et pourtant, vous vous surprenez à être agacé par des choses qui auparavant vous semblaient insignifiantes.

  • Une demande supplémentaire.
  • Une question répétée.
  • Un appel au mauvais moment.
  • Une remarque.
  • Un comportement que vous supportez de moins en moins.

Puis vient parfois la culpabilité :

« Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? »

« Ce n’est quand même pas sa faute. »

« Je devrais être plus patient. »

Mais l’irritabilité n’est pas forcément un manque d’amour. Elle peut être le signal d’un organisme qui arrive à saturation. Lorsque les ressources physiques et psychologiques diminuent, notre capacité à réguler nos émotions peut elle aussi diminuer. Le problème n’est donc pas nécessairement votre relation avec votre proche.

Il peut être la quantité de pression que vous portez depuis trop longtemps.

4. Vous avez commencé à abandonner votre propre vie

Au début, vous avez peut-être simplement supprimé une sortie, puis une activité, puis une séance de sport, puis un week-end, puis les repas avec les amis, et progressivement, votre vie s’est réduite.

Vous dites :

« Je n’ai pas le temps. »

Mais parfois, derrière cette phrase se cache autre chose :

« Je ne peux plus me permettre de m’éloigner. »

Vous avez peut-être cessé de faire ce qui vous faisait du bien parce que vous avez l’impression que votre proche a besoin de vous. Le risque est alors de voir votre identité se réduire progressivement à votre rôle d’aidant. Vous n’êtes plus seulement une personne avec ses envies, ses projets, ses relations et ses besoins.

Vous devenez principalement :

« l’aidant de… »

Or prendre soin de quelqu’un ne devrait pas nécessiter de disparaître soi-même.

5. Vous culpabilisez dès que vous pensez à vous

Vous prenez enfin une heure pour vous. Et immédiatement une pensée apparaît : « Pendant ce temps-là, il est seul. » Vous partez quelques jours : « Est-ce que je ne l’abandonne pas ? » Vous faites quelque chose qui vous procure du plaisir : « Est-ce vraiment normal de profiter alors qu’il traverse une période aussi difficile ? » La culpabilité peut devenir extrêmement puissante chez les aidants. Elle peut pousser à repousser continuellement ses propres besoins. Le raisonnement devient alors :

« Son besoin passe avant le mien. »

Puis :

« Le mien peut attendre. »

Puis :

« Je n’ai plus vraiment le droit d’avoir des besoins. »

C’est là que le rôle d’aidant peut devenir particulièrement épuisant. Parce qu’il ne s’agit plus seulement de donner du temps. Il s’agit de donner sans s’autoriser à récupérer.

6. Vous avez l’impression d’être responsable de tout

Vous commencez à penser que si quelque chose ne va pas, c’est à vous de trouver une solution.

  • Vous devez penser :
  • Aux médicaments.
  • Aux rendez-vous.
  • Aux repas.
  • Aux démarches.
  • Aux professionnels.
  • Aux imprévus.
  • À l’avenir.
  • Et parfois même aux émotions de votre proche.

Vous cherchez constamment à éviter qu’il souffre, qu’il soit inquiet, qu’il se sente seul ou qu’une difficulté survienne. Cette responsabilité permanente peut devenir extrêmement lourde. Car il existe une différence fondamentale entre :

être responsable de quelqu’un et être responsable de tout ce qui lui arrive.

Votre proche peut avoir besoin de vous. Mais cela ne signifie pas que vous pouvez, ou devez, tout contrôler. Certaines choses dépendent de vous. D’autres ne dépendent pas de vous. Apprendre à distinguer les deux constitue une étape essentielle pour préserver son équilibre.

7. Vous ne vous reconnaissez plus vraiment

C’est peut-être le signe le plus important. Vous vous souvenez de la personne que vous étiez avant. Vous aviez des projets, des passions, des amis, de l’énergie, des envies. Vous faisiez des choses spontanément. Aujourd’hui, vous avez parfois l’impression d’être devenu une version réduite de vous-même. Vous fonctionnez. Vous gérez. Vous anticipez. Vous répondez aux besoins. Mais vous vivez moins. Et lorsque quelqu’un vous demande :

« Et toi, comment vas-tu ? »

Vous ne savez parfois même plus quoi répondre. Ce sentiment de perte de soi mérite d’être pris au sérieux. Parce que l’objectif n’est pas de choisir entre prendre soin de votre proche et prendre soin de vous. L’objectif est de retrouver une manière d’aider qui permette aux deux d’exister.

Alors, faut-il moins aimer pour moins s’épuiser ?

Non.

C’est justement l’un des pièges dans lesquels peuvent tomber les aidants. On imagine parfois que prendre de la distance signifie aimer moins. Que poser une limite signifie abandonner. Que demander de l’aide signifie ne plus être capable d’assumer son rôle. Mais prendre soin de soi n’est pas l’inverse de prendre soin de l’autre. C’est une condition pour pouvoir continuer à être présent dans la durée. La question n’est donc pas :

« Comment puis-je donner davantage ? »

Mais parfois :

« Comment puis-je continuer à donner sans me perdre ? »

Une relation plus équilibrée est possible

Accompagner un proche ne signifie pas forcément tout porter. Il est possible de travailler sur plusieurs dimensions :

  1. Le corps

Identifier les signes de tension, retrouver du mouvement et permettre au système nerveux de redescendre.

  1. Les émotions

Comprendre la culpabilité, la colère, la peur ou le découragement au lieu de simplement essayer de les faire disparaître.

  1. Les limites

Apprendre à dire oui, mais aussi à dire non, sans avoir le sentiment de trahir son proche.

  1. La relation

Rester connecté à l’autre sans être constamment absorbé par ses besoins.

  1. L’identité

Retrouver progressivement ce qui existe en dehors du rôle d’aidant : ses valeurs, ses envies, ses relations et ses projets.

  1. Le quotidien

Introduire de petites actions réalistes plutôt que de chercher une transformation impossible à maintenir.

Et si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes ?

Vous n’avez peut-être pas besoin de « tenir encore un peu ». Vous avez peut-être besoin de ne plus rester seul avec tout ce que vous portez.

L’épuisement d’un aidant ne se résout pas toujours avec quelques jours de repos.

Lorsque la charge émotionnelle, relationnelle et mentale s’est installée depuis longtemps, il peut être nécessaire de travailler autrement : comprendre ce qui vous épuise, retrouver de l’espace, réapprendre à prendre soin de vous et reconstruire une relation plus équilibrée avec votre proche.

C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la Méthode RESPIR de l’Institut RESPIR.

Une approche destinée aux aidants qui souhaitent retrouver du souffle, de l’espace et des outils, sans avoir à choisir entre prendre soin de leur proche et prendre soin d’eux-mêmes.

Vous êtes aidant. Vous avez le droit d’être aidé.

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, un premier échange peut permettre de faire le point sur votre situation et de voir quelles solutions pourraient vous convenir.

 Franck DI PALMA